Salah, Olise, Eloy Room… l’équipe-type de la J2 de Coupe du monde !

Published by Mathieu Plasse (FDM) on

Vingt-quatre matchs de Coupe du monde de plus. De belles histoires, des premiers éliminés qui ne feront pas date, et des stars qui continuent de marquer la compétition de leur empreinte. Petit retour sur le top du top de cette deuxième journée.

Gardien de but : Eloy Room (Curaçao)

Entre Al-Owais, Patrick Beach et la nouvelle icône Vozinha ont relancé une tradition de la Coupe du monde : celle des gardiens héroïques. Preuve en est avec Eloy Room, basé au Miami FC avec son compatriote Jürgen Locadia. On n’attendait pas grand chose du portier de Curaçao après ses sept buts encaissés face à l’Allemagne. Pourtant, le vétéran se montrera parfait contre un Équateur dans l’obligation de gagner. Au-delà d’un Enner Valencia toujours maladroit, jamais la petite île n’a chaviré face au navire jaune. Beaucoup de reflexes simples pour des frappes qui se trouvaient dans ses gants, mais un chiffre restera dans les têtes. Quinze arrêts. En dehors de Tim Howard contre la Belgique en 2014 (qui avait eu droit à des prolongations), jamais personne n’aura fait mieux en bientôt cent ans de compétition. Peut-être était-il habité par l’esprit de Jarzinho Pieter, ancien gardien remplaçant décédé en 2019 d’une crise cardiaque, à qui il rendra hommage au coup de sifflet final.

Latéral droit : Alistair Johnston (Canada)

Un latéral canadien aux airs de chien fou, qui a des problèmes de blessure ? Non, on ne parle toujours pas d’Alphonso Davies ! Là où Richie Laryea s’était fait remarquer contre la Bosnie, la turbine a connu une saison quasiment blanche du côté du Celtic pour de lourds problèmes musculaires. À 100% de ses capacités, ce sera une dizaine de centres dangereux face à un Qatar au fond du gouffre (6-0). Un match tout à son avantage qu’il finira sans passe décisive, mais avec deux ballons-clés pour des buts de Jonathan David. Les Bafana Bafana devront se préparer face à de telles menaces sur les côtés.

Défenseur central : Shoja Khalilzadeh (Iran)

Shoja, dans la langue perse, se veut un prénom signifiant « courageux, brave ». Autant dire qu’il le porte bien dans les conditions d’accueil scandaleuses de la Team Melli. Alors que Rezaeian avait été salué à la première journée, maintenant le mérite revient aux derniers remparts. Que ce soit pour les sept parades d’Alireza Beiranvand ou la vingtaine d’interventions judicieuses de ce gars de 37 ans, taulier du Tractor Sazi à la réputation de dur sur l’homme. On craignait ses errances avec Hossein Kanaani, les deux s’étant un peu brouillés dernièrement, ils finiront par se partager le corps de Romelu Lukaku. À la hauteur de l’évènement.

Latéral gauche : Nuno Mendes (Portugal)

La tentation aurait été grande de décerner une nouvelle mention à Richie Laryea. Mais allez, mettons un peu de stars avec la dynamite parisienne. Sans se comporter comme un dragster, Nuno s’est montré plus mature, serein et irréprochable pour gérer les rares incursives ouzbèkes. Ce qui change un peu de son comportement en tant que troisième central au Parc des Princes. Pour couronner le tout, Cristiano Ronaldo lui laissera un coup-franc au premier quart d’heure, afin de prendre à revers Nematov. Son ascension sera l’un des rares points positifs du mandat de Roberto Martinez, à voir s’il peut parfaire le statut de favori de la Seleção.

Milieu central : Manu Koné (France)

Bon ça y est, on va enfin pouvoir mettre Villeneuve-la-Garenne sur la carte ou c’est trop demander ? Statut de coiffeur avant ce France-Irak, et voilà que le milieu de la Roma se met à presser pour six, conserver et distribuer le ballon en toute quiétude. Combatif et consistant, tout ce qu’on demande pour un milieu de l’Équipe de France. Et c’est pas l’orage et l’interruption du match qui vont l’arrêter là, s’offrant même quelques projections qui resteront sans conséquence. Entre lui, Rabiot et Tchouameni, voilà le débat qui risque d’animer les plateaux foot pour les prochaines semaines. Et maintenant qu’Ousmane s’est retrouvé sur le côté droit, aucune chance de voir un milieu à trois tentaculaire…

Milieu central : Stephen Eustáquio (Canada)

Dans un mondial où bon nombre d’attaquants répondent à leurs obligations, il paraît évident de faire honneur aux hommes de l’ombre. Il y a eu Christ Inao Oulaï, déjà marquant contre la France et l’Équateur, qui s’est comporté comme un petit Verratti face à la Mannschaft. Mais il faut souligner la révélation de Stephen Eustáquio. Nés de parents portugais, les Européens l’auront peut-être vu jouer le porteur d’eau sous le maillot de Porto. Aujourd’hui en prêt à Los Angeles, le futur trentenaire gère le tempo des Canucks comme personne. En gros, c’est lui qui décide de tout, par quel côté la menace d’un centre arrive, s’il faut faire encore tourner pour créer une brèche… Comme le disait Richie Laryea : « Il réalise une grande partie du sale boulot que peu de gens arrivent à souligner ». Peut-être pas même Francesco Farioli.

Ailier droit : Mohamed Salah (Égypte)

Petite feinte en l’honneur du Pharaon, qui a pour une fois joué ailleurs que sur son côté droit. On le sentait fatigué de toutes ces années à avaler les kilomètres du côté de la Mersey, seulement capable de centres et petites différences. Alors qu’il s’agira peut-être de sa dernière compétition internationale, hors de question de connaître une nouvelle désillusion. Face à une vaillante Nouvelle-Zélande, ce n’est pas lui qui lancera la charge en seconde période, ce sursaut d’intensité qui était nécessaire. Mais c’est bien la légende que l’on verra combiner avec Ziko pour prendre l’avantage, puis adresser un corner sur la tête de Trezeguet pour entériner une qualification historique. En même temps, avec un tel casting, on peut dire que c’était une simple formalité.

Marée humaine.

Milieu offensif : Michael Olise (France)

Sans surprise, la terreur du Bayern Munich se trouve encore plus dangereuse, positionné en numéro 10. Enième preuve que ce France-Croatie au Stade de France lança une nouvelle dynamique chez ces Bleus. De la disponibilité, du dribble, une connexion spontanée avec Kylian Mbappé et le plus grand exploit de tous. Faire marquer un but à Ousmane Dembélé en Équipe de France. Déjà trois passes décisives dans ce Mondial, et on sent qu’il est encore bien loin de son niveau maximal.

Ailier gauche : Cody Gakpo (Pays-Bas)

À Liverpool, on le voit comme un joueur unidimensionnel. Celui qui rentre vers l’intérieur et qui frappe au but. Un cliché aux bases solides, ce dernier marquant son doublé précisément de cette manière. Mais il se voit offrir plus de responsabilités aux côtés de Ronald Koeman. Sans véritable leader offensif, plus de ballons peuvent passer par lui, plus de choix sont envisageables. Comme cette manière de manger la ligne et Gustaf Lagerbielke pour offrir un but facile à Brian Brobbey. Ou une course au second poteau qui permet à Dumfries de sceller l’affaire au retour des vestiaires. La Suède aura été d’une grande faiblesse sans trop de surprises, mais elle donne une nouvelle vision à ce fervent croyant qui alors qu’il jouait encore au PSV, avait refusé Southampton et Leeds après avoir parlé à Dieu. Preuve que les miracles existent.

Avant-centre : Brian Brobbey (Pays-Bas)

Pendant longtemps, on a attendu l’explosion de la bête d’Amsterdam, et elle semble enfin arriver. Un statut de crack international grâce à Football Manager, puis un melon vite redescendu avec un départ trop prématuré à Leipzig. Revenu bon an mal an dans le marasme de l’Ajax, ce super athlète arrivera à se faire un nom dans le Sunderland de Régis le Bris. Sûr de lui et dominateur comme jamais, il va se farcir Isak Hien en ligne droite pour être servi par Gakpo dès la cinquième minute avant de s’arracher sur un centre de Dumfries. Sa puissance brute pourrait bien être l’atout phare de ces Oranjes, un peu en rodage depuis que Memphis vit la belle vie au Brésil.

Avant-centre : Erling Haaland (Norvège)

Déjà bien en route contre l’Irak, voilà que le Cyborg plante un autre doublé contre un Sénégal tout proche de repartir dans l’avion. Quelques combinaisons malines, mais surtout deux finitions de classe mondiale pour laisser un beau souvenir à Édouard Mendy. Messi, Cristiano, Cunha ou même Jonathan David, beaucoup de noms ronflants ont déclenché des gros titres durant ce second round, mais aucun ne peut se targuer de claquer des buts pareils. Faire gagner Erling grâce au plan esthétique, voilà le grand écart qu’on s’est décidé de donner, et qui se fait frotter les mains pour le choc contre le coq français.

Douzième Homme : Johan Manzambi (Suisse)

En temps normal, il ne devrait même pas être à ce poste. Bluffant de par sa polyvalence et son activité du côté de Freiburg, le milieu de terrain se voit cantonné au banc par Murat Yakin. Pourquoi ? Allez savoir. Il n’empêche qu’il verra la Nati proposer un match ennuyeux à mourir contre la Bosnie-Herzégovine, faute à un manque de mouvements. Une clé que le numéro 9 peut apporter aux côtés de Ruben Vargas, ce qu’il fera une fois entré en jeu. Vingt minutes suffisent pour ravager le bloc de Sergej Barbarez. Doublé, une passe amenant le rouge du taulier Muharemovic, et un grand cri d’amour pour sa ville de Genève à la caméra. Un gars qui pourrait bien s’adapter au Paris Saint-Germain, tiens…

Entraîneur : Jesse Marsch (Canada)

Ståle Solbakken s’est montré un peu moins pragmatique et toujours plus surprenant quand il s’agit de faire rouler la machine norvégienne, mais il y en a un qui se détache du lot. Déjà bien remonté envers les USA suite aux déclarations de Trump, Jesse Marsch montre qu’il n’est pas un simple jouet de la galaxie Red Bull. Toujours vendu comme un coach au football trop ambitieux pour les joueurs à sa disposition, les intentions conquérantes du gars du Wisconsin ont apporté un vent de fraîcheur en pleine canicule. Le Mexique vend une magnifique ambiance, les États-Unis vendent leur âme et le Canada vend un joli football. Sans oublier un petit mix au moment d’expulser Homam Al-Amin.


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