Coupe du monde 2026 : Ces Français qui traversent l’Atlantique pour soutenir l’Équipe de France
Vainqueur en 2018 à Moscou et finaliste malheureux à Doha en 2022, la bande à Deschamps va tenter de décrocher sa troisième étoile cet été, en Amérique du Nord. Répartie sur trois pays, la compétition devrait une nouvelle fois voir les supporters français répondre présent, afin de soutenir les 24 joueurs sélectionnés. Nous en avons rencontré trois. Témoignages.
Lamia, Benoît et Raphaël sont membres du groupe de supporters “Irrésistibles Français”. Une association créée le 10 octobre 2010, animant les tribunes et parcages tricolores depuis seize ans. En première ligne de la contestation contre le prix des places pour ce mondial 2026, le collectif a obtenu un quota limité de places à des prix plus avantageux. Les tickets étaient destinés aux membres les plus actifs. C’est de cette façon que nos trois aficionados ont obtenu leurs billets en catégorie 4, pour une cinquantaine d’euros.
Lamia est supportrice des Bleus depuis plusieurs années. Elle a passé la majeure partie de sa vie en Algérie, avant de s’installer en Île-de-France en 2015. Sa double nationalité la pousse tout de même à supporter la France : « c’est un choix naturel et sans calcul », affirme-t-elle. Elle rejoint alors le collectif de fidèles en 2021. Benoît est fan du FC Metz et habitué des trajets pour suivre son club de cœur. Comme pour Lamia, ce sera son premier mondial. Son premier souvenir avec la sélection remonte au sacre de 1998, comme tant d’autres. Sa passion pour les déplacements à l’extérieur le poussera à rejoindre les Irrésistibles en 2017.

Photo envoyée par Lamia lors de France – Afrique du Sud à Pierre Mauroy, le 29 mars 2022.
De son côté, Raphaël est supporter de l’AJ Auxerre et membre du groupe français depuis 2023. Lui aussi habitué des déplacements avec son club, il a encouragé les Bleus lors du précédent Euro en Allemagne et pour la dernière Ligue des Nations. C’est la première fois qu’il va poursuivre sa “passion” en dehors des frontières européennes, pour sa première
Coupe du monde.
Faire d’une pierre deux coups
Il faut dire que si les États-Unis restent une destination majeure pour le tourisme, ce n’est pas le premier pays auquel on pense pour le ballon rond. Dans le pays du “soccer”, la grandeur américaine demeure le principal argument pour attirer les supporters du monde entier, loin de la promesse des infrastructures modernes du Qatar en 2022. Cet argument touristique est une des raisons qui ont poussé nos trois supporters à franchir le pas. « Il faut le vivre. C’est un grand pays » clame Lamia, qui a « toujours rêvé » de se rendre sur le continent américain. Ce souhait est partagé par le magasinier suiveur des Grenats : « c’est l’occasion de découvrir la démesure américaine ».
Même sentiment pour l’habitué des déplacements auxerrois : « c’est le moment de réaliser deux rêves en un », lui qui souhaitait découvrir New York depuis des années. Tous s’accordent sur la volonté de faire du tourisme, en plus de la compétition. Tantôt à Manhattan, au musée ou à un match de NBA (si jamais les premières finales de Victor Wembanyama ne se terminent pas en quatre matchs), ils profiteront de l’occasion pour découvrir le pays.
Une organisation planifiée
Un voyage, ça s’organise, mais tout se planifie davantage à l’autre bout du monde. Les Irrésistibles Français ont aidé les supporters dans les démarches et réservations pour ce périple vers les États-Unis. Lamia assistera aux trois premiers matchs de Mbappé et son équipe, à New-York puis à Boston, seule. Elle a déjà réservé l’avion depuis Paris puis le train pour les déplacements internes : « c’est comme un plan de maison, on y va step by step » plaisante-t-elle, avant d’ajouter que « je n’y vais pas à l’aveuglette, je veux tout organiser et m’adapter une fois sur place, si besoin ». Du côté de Benoît, il aura l’honneur de traverser l’Atlantique avec son père. Avec moins de problèmes d’organisation que ce qu’il
avait prévu : « honnêtement ça va, plus de peur que de problèmes…pour l’instant ! ».
Habitué des compétitions européennes, il note deux principales différences. La première se trouve dans le transport jusqu’au stade, souvent loin des centres-villes, mais surtout gratuit lors d’un Championnat d’Europe contre vingt dollars aux États-Unis. La seconde concerne l’horaire des matchs et le risque de chaleur. Si devant notre télé le match d’ouverture des Bleus est prévu à 21 heures (heure de Paris), il sera 15 heures sur place. En plein été et avec certains stades non couverts – en raison de la pratique habituelle du baseball – Benoît et son père expriment leurs inquiétudes.

Benoît lors de l’Euro 2024 en Allemagne avec les Irrésistibles Français
Raphaël voyagera avec un ami. Pour réaliser ses deux rêves, l’ambulancier de 30 ans a loué un Airbnb à Manhattan pour une dizaine de jours. Le tout pour un montant de 1900€. Afin de se permettre cette dépense, il a réservé tous ses autres billets des mois avant, économisant une partie de ses frais : « j’avais envie d’aller visiter New York. Si je n’avais pas eu de billets pour le mondial, j’y serai quand même allé ».
Un mondial polémique ?
Les polémiques de premier plan sont devenues une habitude depuis 2018 et la Coupe du monde en Russie. Pour cette édition, l’antagoniste autoproclamé se nomme Donald Trump. Il se montre avec le trophée, se comporte comme le président de la FIFA, annonce vouloir réintégrer l’Italie, durcit les conditions d’accès aux visas pour les pays qu’il n’aime pas… la liste est longue.
De plus, le choix d’organiser la compétition dans trois pays aux distances éloignées interroge sur le plan environnemental. Cependant, au-delà de toutes ces péripéties, c’est le coût de la compétition pour les supporters qui a scandalisé. Selon Lamia, « le football n’a pas de frontières, il rassemble ». Une vision poétique du sport, qui a déjà confirmé sa vocation à dépasser les clivages pour unir. Sentiment identique pour Benoît, considérant le « sport au-dessus des polémiques ». Si Raphaël a pu douter, l’espace d’un instant, à cause du prix exorbitant, il s’est ravisé lorsque les Irrésistibles Français ont obtenu le quota de places moins chères.

Photo de Raphaël lors de France – Pologne à l’Euro 2024 en Allemagne
La France favorite ?
Didier Deschamps s’est emporté face à la presse sur l’enthousiasme de certains se voyant déjà en finale de la compétition. Pour autant, la France fait bien partie des favoris. Pour Lamia, le trophée sera disputé entre trois nations : France, Espagne et Portugal. « En 2022, les nations se régénéraient », analyse-t-elle. Le ton est différent pour Benoît, qui voit plutôt un trio France, Brésil et Argentine. Il rappelle « qu’aucune équipe européenne ne s’est imposée sur le continent américain, hormis l’Allemagne en 2014 ». Enfin, Raphaël est plus précis puisqu’il distingue un duo, l’Espagne et la France. Il conclut avec un mot pour la dernière de Deschamps « ce serait formidable pour lui de nous ramener une troisième étoile avant de partir ».
🇫🇷 « On nous voit déjà en finale, ça ne me plaît pas »
Didier Deschamps appelle à l’humilité avant la Coupe du mondehttps://t.co/XiufVFHP55
— RMC Sport (@RMCsport) May 29, 2026
Pour rappel, la France affrontera le Sénégal le 16 juin à New York, l’Irak le 22 juin à Philadelphie et la Norvège à Boston le 26 juin.

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