Vu du Stade : Laval sauve sa peau au bout d’une saison plus que Mayenne
Une chaleur étouffante surplombait ce dimanche 24 mai au stade Francis Le Basser, à Laval pour le match retour des barrages de Ligue 2. Une météo peu arrangeante pour les supporters mayennais qui bouillonnaient intérieurement, en attendant le coup de sifflet final d’une saison brouillonne.
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Les Tangos avaient pourtant bien débuté en août dernier face à Saint-Étienne. Menés jusqu’à la 87e minute, les hommes d’Olivier Frapolli accrochent le nul dans les derniers instants. Ethan Clavreul, jeune natif du chef-lieu de la Mayenne, délivre tout un stade pour sa première apparitionen professionnel. Une soirée de football comme on les aime, où de belles histoires voient le jour. La saison est bien lancée avec un beau match à domicile et un nul inespéré contre un cador du championnat. Vient ensuite une série de trois nuls avant de retrouver le goût de la victoire lors dela 5e journée face à Boulogne. Le club grappille des points à un rythme irrégulier mais avance tout de même. Rien ne laisse présager à ce moment que la suite de la saison s’annonce périlleuse.
La lumière, puis… coupure de courant.
L’égérie du groupe Lactel commence une série noire les plongeant dans le bas du classement. Six matchs sans victoire suffisent pour descendre dans les abysses du championnat, à la seizième place. Entre-temps, le club fait parler de lui pour une histoire d’avion bloqué sur le tarmac. En
raison du mauvais temps, les Tangos n’ont pas pu se rendre sur l’île de Beauté affronter la lanterne rouge bastiaise. Une décision qui a fait polémique, allant même jusqu’à créer une petite rivalité entre les supporters des deux clubs. Bref, la saison prend un mauvais virage en tous points. Les supporters ont droit à de petits sursauts d’orgueil, comme face à Nancy à la 14e journée (0-2), concurrent direct au maintien. Le nouveau derby face à Bastia est finalement rejoué en semaine et les mayennais ont eu la bonne idée de s’imposer au stade Armand-Cesari (0-2), chose jamais
simple. Ces deux victoires permettent de remonter un peu la pente, mais la chute qui suit est encore plus brutale. Les lavallois enchaînent la bagatelle de douze matchs sans la moindre victoire, se retrouvant même à un moment lanterne rouge de Ligue 2. Une position surréaliste, quand on voit le retard qu’avait pris les Corses.
Malgré ces résultats catastrophiques, les supporters continuent de soutenir leur équipe. Plus de 5000 spectateurs présents à chaque match pour voir un bus qui envoie de grandes balles devant, en espérant un but miraculeux. Il y a aussi une donnée importante pour la suite : sur les trois clubs
bataillant pour le maintien, un seul a fait le choix de ne pas changer son coach. Le président du Stade lavallois, Laurent Lairy, fait confiance à Frappolli jusqu’à la fin de saison. Ce n’est pas le cas de Bastia et Amiens, qui licencient leur entraîneur au beau milieu de l’exercice (un peu trop tard pour l’ASC, certes).
Une victoire miracle qui redonne espoir à tout un peuple
Parfois, une saison se joue sur des détails, et ça n’a jamais été aussi vrai que cette année pour Laval. À sept journées de la fin, alors que les Tangos ont un pied et quatre orteils en Ligue 3, un miracle se produit. Menés contre Grenoble à la 87 e minute, le public y voit la défaite de trop qui
scellerait le sort du club. Mais sur le terrain, les joueurs lâchent leurs derniers efforts. En quatre minutes, la soirée bascule dans l’irrationnel. 89 e minute, Mamadou Camara permet aux Tangos d’égaliser. Six minutes de temps additionnel sont annoncées, et à ce moment un frisson parcourt
le stade, le public sent que quelque chose va se passer. Les supporters résignés qui commençaient à quitter l’enceinte, reviennent sur leurs pas pour se placer derrière les buts. À la 93e minute, sur une contre-attaque des plus miraculeuses, Malik Sellouki feinte son défenseur avant d’envoyer la balle au fond des filets.
Le contre miraculeux de Laval à la 90e, avec Malik Sellouki qui permet à Laval de tuer Grenoble et d’y croire encore. La Ligue 2, la vraie ! pic.twitter.com/sjPAQxJTub
— Le Football en VOD LXXX (@le_lxxx8228) March 20, 2026
Le stade exulte, le 20 mars sera la date de la première victoire à domicile de la saison, l’espoir du maintien refaisant surface. Une phrase revient partout, chez les supporters comme chez les joueurs et le staff : « ne jamais rien lâcher ». Sur les six dernières journées de championnat, les
Tangos affichent une forme exceptionnelle : une petite défaite face à Troyes, deux victoires et trois nuls. Ils l’ont fait, ils n’ont pas lâché et s’offrent un barrage face à Rouen qui terminera troisième de National, aux dépends de Fleury.
Un barrage à l’image de la saison
Après 34 journées de championnat, le club mayennais joue sa saison sur une double confrontation contre une équipe de Rouen très en forme. Le 19 mai, les Tangos se déplacent dans un Robert-Diochon plein à craquer, avec une ambiance des grands soirs. Les orange et noirs débutent plutôt
bien la partie, faisant respecter leur statut. Ce sont eux qui ouvrent le score à la 18e minute grâce à celui qui marquera son premier et unique but de la saison, le très expérimenté Cyril Mandouki. Parfaitement servi par un jeune du centre de formation qui s’est fait une place de titulaire au sein de cette équipe, Mathys Houdayer. Entre lui et Clavreul, on pourra dire que cette année a servi à faire briller de nouveaux talents. Mais à l’image de la saison, les Tangos se mettent en difficulté tous seuls. Même pas une minute après le retour des vestiaires en deuxième période, Peter Ouaneh concède un penalty, toutefois litigieux, mais sans la VAR, l’arbitre reste sur sa décision. Les Rouennais sautent sur l’occasion pour revenir à 1-1. Le match aller se termine sur ce résultat, la saison des deux clubs se jouera donc le dimanche 24 mai, à Le Basser.

Bien rare de voir le public le poing en l’air. (Crédit photo : Louis Angot)
La pression est énorme pour les deux équipes, encore plus pour Laval qui doit assumer son statut. On le sent dès qu’on arrive aux abords du stade : l’odeur habituelle de merguez a laissé place à celle de la poudre. Les guichets sont tous fermés, événement assez rare pour être souligné cette
saison. L’ambiance monte petit à petit jusqu’au coup d’envoi. Les premières minutes sont largement à l’avantage des Normands, moment opportun pour qu’un frisson parcourt le stade sur un corner à la troisième minute. Les regards et les attitudes dans les tribunes ne trompent pas, la peur gagne les supporters. Ce qui se passe en ce début de match, c’est exactement ce qu’ils ont vu toute la saison. Une équipe qui a peur de jouer et qui laisse l’adversaire prendre la partie à son compte. Cela dure les dix premières minutes avant un fait de jeu majeur qui refroidit l’atmosphère. À
la 12e minute, Kenny Rocha sort très fort sur le jeune Enzo Montet (encore un !). Son geste non maîtrisé touche le milieu de terrain au niveau de la cheville. Après quelques secondes d’hésitation, l’arbitre sort le rouge et les mayennais vont profiter d’une supériorité numérique sur quasiment 80
minutes.
Très vite, on retrouve Houdayer à la passe pour l’homme du maintien, le magicien Malik Sellouki. Il envoie une frappe parfaitement placée dans la lucarne de Maraval. Les Tangos rentrent à la mi-temps avec un but d’avance et un ballotage favorable. Mais même dans ce contexte-là,
l’attitude des supporters est claire : rien n’est joué. À écouter les discussions aux abords des buvettes, on comprend que tant que le coup de sifflet final n’a pas été donné, la tension ne redescendra pas.
[📺LIVE] ⚽️🇫🇷 Barrages Ligue2/National
🤯 La merveille de Malik Sellouki pour ouvrir le score !!!@stadelavallois 1-0 @fcr1899 pic.twitter.com/A61qfrNtJ6— beIN SPORTS (@beinsports_FR) May 24, 2026
Et ils avaient bien raison, le début de seconde période est compliqué. Laval a du mal à poser le pied sur le ballon et se fait peur avec des relances pas très sereines. Les possessions mayennaises sont stériles tandis que Rouen, qui n’a plus rien à perdre, joue son va-tout. Le chrono s’égrène petit à petit, les hommes de Frapolli tiennent bon grâce à cet esprit combatif qu’ils n’ont jamais perdu. À l’annonce du temps additionnel (cinq minutes), le stade pousse de plus en plus. L’impression que tout un club touche enfin à l’objectif qu’il s’est fixé depuis déjà quelques mois. La devise qui s’est peu à peu créée « ne jamais rien lâcher » prend alors tout son sens. Dans les dernières minutes, les Normands enchaînent les centres et les grosses occasions, mais la défense lavalloise ne rompra plus. Les démons du début de saison sont derrière eux. Une dernière parade de Samassa, un dernier bon retour de Sanna, un dernier duel gagné par Bianda et c’est terminé. L’arbitre met un terme à cette saison galère pour les mayennais. Le stade exulte, la pression redescend, on sent un énorme soulagement chez les joueurs, le staff et les supporters. Cette saison est enfin terminée, et Laval reste en Ligue 2.
Malgré la petite fête au coup de sifflet final, les supporters tango restent très réalistes. Ils sont bien conscients que cette saison a été catastrophique et que ce match ne peut pas tout remettre à plat. Il va falloir changer pas mal de choses la saison prochaine pour éviter de revivre une saison pareille. Les Mayennais connaissent le football, et avec une Ligue 2 qui s’annonce plus relevée que jamais, ils savent très bien que si rien ne change, la Ligue 3 les attend à grands pas.
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