Report de Lens – PSG : des nouvelles de la Ligue bulgare
Dans le tumulte, le PSG a obtenu gain de cause. Le choc entre Lens et le club de la capitale n’aura pas lieu à la date prévue, mais est décalé au 13 mai prochain. Une hérésie sportive, faisant réfléchir davantage sur la crédibilité des instances et de l’équité sportive en Ligue 1.
La date était parfaite. 11 avril 2026, à seize heures pétantes. Certains pouvaient râler qu’une telle affiche soit diffusée en plein après-midi, mais l’occasion en valait la peine. À l’image d’une finale de Coupe du monde 2018, ayant démarré chez-nous bien avant le coucher du soleil. Un rendez-vous d’élite : le Racing Club de Lens contre le Paris Saint-Germain ! Les deux meilleures équipes de Ligue 1, se disputant âprement un titre de champion de France revenant trop facilement dans la capitale. On comptait même les jours avant d’allumer Bein Sports, pour voir si le championnat allait être disputé jusqu’à la 34ᵉ journée. Une véritable publicité pour un football français que l’on estime en plein déclin. On connaissait aussi ces rumeurs de report, s’étant déjà emparé du match entre Paris et Nantes. Comme Waldemar Kita s’était couché, il n’y avait pas vraiment de polémique. Au point où l’on pouvait trouver que l’on en faisait un peu trop avec ces histoires.
Notamment avec ce communiqué des Sang et Or, publié au soir du 23 mars : « Il nous apparaît en effet qu’un sentiment préoccupant tend à s’installer : celui d’un championnat de France progressivement relégué au rang de variable d’ajustement au gré des impératifs européens de certains. Une conception singulière de l’équité sportive, dont on peine à trouver l’équivalent dans les autres grandes compétitions continentales ». Cette mauvaise intuition n’aura pas été trompeuse.
L’entraîneur lensois Pierre Sage a fait part ce vendredi soir de sa désapprobation quant à l’idée que le match Lens-PSG, aux allures de finale de la Ligue 1, puisse être reporté en raison des quarts de finale de la Ligue des champions. pic.twitter.com/O0XPAPaYDw
— L’Équipe (@lequipe) March 21, 2026
Au matin du 26 mars 2026, la LFP couvrira de ridicule l’esprit sportif. Après un vote à l’unanimité de son conseil d’administration, a été officialisé le report de ce match… au 13 mai prochain. Une date pour le moins symbolique, puisque Lens aura trois grosses dates sur le calendrier entre le 9 et le 16 mai. Nantes, Paris puis l’Olympique Lyonnais, sans compter une potentielle finale de Coupe de France qui se jouerait le 22. Sept matchs en moins d’un mois, plus précisément. Avec un creux de treize jours avant ce marathon. Il paraît évident de dire que cette date n’arrange que le Paris Saint-Germain, puisque même d’éventuelles demi-finales de Ligue des champions seraient à prendre au passé. Sans parler du fait que l’instance a bafoué son propre règlement, à en croire l’article 528 :
En règle générale, sous réserve d’assurer le respect de l’équité et de l’intégrité de la compétition, la Commission des Compétitions fixera les matchs retour remis, donnés à reprendre ou donnés à rejouer à la première date disponible et avant les deux dernières journées de championnat.
Les faits sont accablants : la LFP a repoussé l’échéance à une date correspondant aux jours séparant la 33ᵉ avec la 34ᵉ et dernière journée de Ligue 1. En plus d’un problème technique, il y a surtout une question d’éthique. Sur les dernières semaines, nombre d’observateurs estimaient que Lens ne serait pas en capacité de tenir la folle cadance jusqu’au bout. Qu’il y aurait assez de faux pas pour que Paris puisse s’en tirer avec une nouvelle ligne au palmarès. Mais que se passerait-il, dans le cas où l’équipe de Pierre Sage remportait ce match à sa date d’origine ? Le suspense serait entièrement relancé. Un paramètre de plus oublié par ce comité, qui ne manquera pas de relancer les quolibets autour d’un PSG avantagé.
Le beurre, l’argent du beurre et…
Savez-vous quel est le pire dans toute cette histoire ? Le fait que le PSG ait du respect pour la Ligue 1. Oui, les éléments ne jouent clairement pas en faveur de cette théorie. Pourtant, il paraît clair que la propriété de QSI cherche à jouer sur tous les tableaux, le championnat de France n’y faisant pas exception. Un dessein prouvé par les innombrables demandes de reports de ses matchs au cours des saisons, une bonne partie d’entre eux ayant été validés par la Ligue. Souhaiter reporter ce match aussi important pour un titre, même après en avoir glané onze en treize ans, va dans le sens des idées. Aurait-on vraiment préféré que le club de la capitale aligne Lucas Hernandez et Dro dans une rencontre capitale, et qu’ils gagnent sans forcer quand même ?
Il y a surtout une manière de faire qui dérange. Que ce soit les justifications classieuses de Luis Campos, expliquant que « nous aurions aimé disputer la Ligue des Champions mardi 7 avril, puis mercredi 15 avril. Mais Liverpool ne peut pas jouer le 15 avril, nous avons dû respecter son histoire, car c’est une date tragique pour le club. » Le 15 avril faisant référence à l’année 1989, et la fameuse tragédie d’Hillsborough… Mais l’infâmie vient aussi de la LFP elle-même, ayant la fâcheuse tendance de se plier aux demandes du club richissime. Chaque fois que le PSG demande un report d’un de ces matchs de « seconde zone », il l’obtient. Comme contre Nantes (encore) la saison dernière, ou Lorient il y a deux ans de cela. L’inverse se montre moins vrai. Exemple lors de la saison 2024-2025, où le LOSC avait déposé une requête auprès de la Ligue, afin de bien préparer son huitième de finale de Ligue des champions contre le Borussia Dortmund. En soi, une volonté de sécuriser la cinquième place française au coefficient UEFA. C’est donc logiquement que cette demande a été… refusée par la LFP ! Dans ce contexte, le Lille de Bruno Genesio se fera gifler par Paris (4-0 en 37 minutes) puis perdra sur le fil contre les Borussen.

On est sûrs que le match des chefs ne se tiendra pas le 11 avril. (Crédit photo : RC Lens – Facebook)
Un club ayant un budget quatorze fois moins conséquent à celui du Paris Saint-Germain doit se plier à un tel changement contre sa volonté. Tout ce foin, en partie parce qu’il n’y a pas une profondeur de banc suffisante au Camp des Loges. Si ce n’était que ça, il faudrait reporter une saison de Ligue 1 sur deux pour que Metz puisse s’adapter. Après avoir réduit la Ligue 1 à dix-huit participants (sacrilège) et supprimé la Coupe de la Ligue (un peu moins, déjà), il faut encore trouver des moyens de faire souffler le recordman du championnat de France. Tout cela paraît trop gros, et c’est aussi comme cela que se crée un sentiment d’injustice.
Mais ça, Vincent Labrune et la LFP s’en fichent royalement. La Ligue 1 est désormais si dépendante d’autres intérêts qu’il faut tout faire pour pouvoir les retenir, eux et leurs billets. Alors, on se prosterne à chaque claquement de doigts de l’émir, de Nasser ou de n’importe quelle autre personne susceptible de tenir le système hors de la banqueroute une année de plus. Tant pis si le peloton enrage derrière, ils n’amènent pas le moindre sou dans le compte en banque. Une autoroute pouvant mener au destin de certaines ligues de l’Est, ultradominées, voire entièrement gangrénées par une seule équipe. L’Étoile Rouge de Belgrade en Serbie est un exemple, mais le Ludogorets dans le (très) corrompu championnat bulgare en est un bien meilleur. Un modèle où même le plus grand des exploits est rendu au statut de mirage.
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