Ekitiké, Maxence Lacroix, une liste déjà complète… Les enseignements de la trêve de mars en Équipe de France

Published by Marouane Asloum on

L’Équipe de France a fait le plein de confiance et a conforté ses certitudes à l’issue de sa tournée américaine. Vainqueur du Brésil (2-1) et de la Colombie (3-1), les Français peuvent tirer des enseignements de cette trêve. En voici cinq à retenir.

Une équipe de France plaisante

Rarement les trêves du mois de mars ont été aussi positives pour l’équipe de France. Par deux fois, les Bleus ont montré un beau visage contre le Brésil et la Colombie. Au Gillette Stadium de Foxborough, l’escouade de Didier Deschamps livre une performance au poil, même à dix contre onze après l’exclusion de Dayot Upamecano. Certes, la Seleção n’est pas dans la meilleure période de son histoire. Mais battre le Brésil et ses grosses individualités reste une performance de poids. Surtout, on a vu des Français en maîtrise sur l’ensemble du match. Une différence de niveau nette, entre une équipe de France fringante — bien loin de ce qu’elle nous a proposé à l’Euro en Allemagne — et une sélection brésilienne apathique, sans solutions au point que ses supporters scandaient le nom de Neymar, le grand absent de ce rassemblement. Face à la Colombie, les Bleus sont restés sur cette continuité, avec un onze pourtant remanié. Ils ont su répondre au défi physique des Cafeteros (troisième des qualifications de la Zone AmSud), ont été appliqués, et se sont montrés impliqués. Tout cela est prometteur en vue du Mondial, avec ce nouveau système à quatre offensifs.

Les quatre fantastiques partis pour durer

Ekitike, Olise, Dembele, Mbappé contre le Brésil. Doué, Cherki, Akliouche, Thuram face à la Colombie. Cela fait déjà un moment que DD insiste avec ses quatre attaquants. Et ça marche ! Ce 4-2-3-1 tourné parfois en 4-2-4 laisse l’occasion aux joueurs de mieux s’entendre sur le terrain. Même sans grand (voir aucun) vécu commun, on note des automatismes entre chacun, des permutations (contre le Brésil, on a pu voir Mbappé et Ekitike échanger leurs positions, ou être à deux devant), un jeu collectif fluide. Même avec un quatuor inédit contre les Colombiens, la qualité intrinsèque des hommes alignés (comme le petit prince Rayan Cherki) fait que l’on a vu de belles séquences de jeu. Cette nouvelle EDF pourrait bien être la plus agréable à voir jouer sous l’ère Deschamps. Petit bémol : Ousmane Dembélé, reclus sur le côté droit, n’y trouve pas encore sa place. Le Parisien est certes volontaire, mais il n’a pas encore pris l’étoffe qu’il a en club. Tout pour mettre Kylian Mbappé dans les meilleures conditions, lui le (très) prochain meilleur buteur de l’histoire des Bleus. Ce qui interroge également sur la pérennité de ce système. En 2016, 2018 et 2022, DD n’avait pas hésité à changer, en déportant un milieu sur une aile. Le match face au Sénégal nous servira de réponse. Mais on peut croire que ça va continuer. Après tout, Didier est bien un entraîneur offensif, non ?

Hugo Ekitike : la gauche caviar

Pour rester dans le thème, il est certain que la performance de Hugo Ekitike conforte la ligne directrice du sélectionneur. Aligné comme ailier gauche face à la Seleção, le joueur de Liverpool s’est montré à son avantage. Disponible, son entente avec le Kyks et les autres offensifs a été qualitative. Illustration avec son but. À l’origine de l’action en récupérant un ballon dans son camp, le Red est mis sur orbite par la superbe passe de Michael Olise, puis s’est montré clinique face à Ederson avec un petit piqué. Pas à son poste (même s’il avait déjà joué sur un côté à Reims), il a su s’adapter et rester connecté à ses coéquipiers. A contrario d’un Marcus Thuram, qui a certes été en forme contre la Colombie, très loin de son niveau sur un côté lors du dernier Euro. On l’a aussi vu faire les replis défensifs sans broncher, si importants quand d’autres ne le font que par intermittence. Suffisant pour être titulaire ? Dans un registre différent, Bradley Barcola est tout aussi performant. Le choix du roi.

Une liste déjà bien établie

Rendez-vous est pris le jeudi 14 mai, au journal de 20 heures de TF1. L’annonce de l’ultime liste de Didier Deschamps. La liste est tenue secrète, mais on peut déjà établir une bonne base, composée de 18 ou 19 joueurs avec leur place attitrée. Celles restantes sont chères, et certains joueurs ont marqué des points. Remplaçant au PSG et abonné à l’infirmerie ces dernières années, Lucas Hernandez a conservé la confiance du sélectionneur. Auteur d’une rencontre solide à Washington avec un partenaire néophyte dans l’axe, il a probablement assuré sa place dans le groupe. Même chose pour son frère Théo qui devrait en être, malgré la saison exceptionnelle de Matthieu Udol à Lens. De retour en forme, Warren Zaïre-Emery a fait la paire avec N’golo Kanté. Décrié pour ses performances en Bleu, le fils Thuram a enfin dépassé le père en nombre de buts inscrits en sélection (trois pions). Les doutes persistent sur Lucas Chevalier, désormais numéro 3 derrière Brice Samba ; ou encore Pierre Kalulu, régulier mais face à un Malo Gusto impactant. Enfin, Eduardo Camavinga et Randal Kolo-Muani sont les dernières incertitudes. Le premier n’est plus qu’un remplaçant de l’équipe B (26 minutes disputées sur le deuxième match), tandis que le deuxième paie la saison cauchemardesque de Tottenham et n’est présent qu’en raison de l’absence de Bradley Barcola. Restera-t-il encore une place pour un nouveau ?

Me gustan los aviones, me Gusto tú. (Crédit photo : Equipe de France – Facebook)

Lacroix coche certaines cases

La question se pose avec les très bons débuts de Maxence Lacroix. Convoqué suite au forfait de William Saliba, le défenseur de Crystal Palace a étonné sur ce rassemblement. Une demi-heure remarquée contre le Brésil, mais surtout un match plein dans tous les sens du terme contre la Colombie. Le défenseur a remporté cinq de ses sept duels, a réalisé deux grosses interceptions et réussi 93% de ses passes. Le joueur issu de l’école sochalienne est loin d’avoir été intimidé. Il est même à l’initiative du deuxième but, avec une belle prise de risque face à l’attaquant colombien Luis Suarez. Peut-il espérer être dans le groupe cet été ? Évidemment : « Si je n’y crois pas, personne ne va le faire pour moi », disait-il au micro de L’Équipe. Mais il part de loin. Sans vécu international, son manque d’expérience en Ligue des Champions (six matchs disputés en 2021 avec Wolfsburg) le handicape. Le Guadeloupéen balance avec Ibrahima Konaté, moins en forme à Liverpool, mais pouvant se targuer d’avoir disputé une finale de Coupe du Monde. Ou alors Lucas Hernandez, remplaçant en club comme en sélection, mais relais fiable de DD — et gaucher. À moins que le sélectionneur ne choisisse d’embarquer cinq défenseurs centraux dans ses bagages pour les States. De quoi donner un peu de goût, à une liste des 26 qui n’a jamais provoqué aussi peu de débats.


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