PSG-Barça : les maestros au diapason

Published by Julien Pichot-Van Roy on

Comme attendu au Parc des Princes, ce PSG-Barça aura été une rencontre de très haut niveau. Deux des meilleures équipes du monde s’échangeant de belles salves et une ribambelle de buts. Focus sur les artisans de l’entrejeu qui ont tous, à leur manière, joué un rôle décisif sur le résultat final.

Écrit par Julien Pichot-Van Roy, au Parc des Princes.

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Tous les regards sont tournés vers la Capitale en ce mardi 20 octobre. Un stade plein à craquer, un tifo mémorable et un parcage visiteurs prêt à exploser, le décor était planté pour une grande soirée. Tout bon fan de foot n’a d’yeux que pour cette opposition entre deux grandes équipes et leurs styles de jeu rimant généralement avec spectacle et rebondissement. Les meilleurs joueurs du monde se retrouvent sur le rectangle vert et alors que l’attention était portée sur le Ballon d’or en titre et son jeune futur héritier espagnol (ou pas), la bataille de l’entrejeu était la clé de la rencontre. Un affrontement de chefs d’orchestre où les partitions de chacun ont construit la mélodie d’un grand match de football.

  La scène des grands soirs

Départ en fanfare

Les deux adversaires du soir partagaient une qualité commune : la qualité de leurs milieux de terrain et la profondeur à disposition dans ce registre. Si Paris aligne sans surprise son trio magique double champion d’Europe en titre Fabian Ruiz-Vitinha-Joao Neves, Hansi Flick fait un choix fort. La titularisation de Marc Bernal en lieu et place de Rodri, autre Ballon d’Or et recrue star du mercato d’été. Si on apprend par la presse que ce dernier a une légère gêne et ne se sent pas apte à débuter, c’est une décision importante qui a de l’incidence sur le jeu du Barça. On retrouve également Pedri, toujours métronome de l’entrejeu, et un Dani Olmo qui hérite de la confiance de son entraîneur, aux dépends de Fermin Lopez, pourtant en forme sur ce début de saison.

Dès les premières minutes, le constat est criant : Paris attaque le match très fort et asphyxie son adversaire. Une habitude soulignée par Lucho : « J’ai vu le PSG comme d’habitude, avec notre style agressif, c’est plus facile de presser. On est convaincus de la manière dont on joue. On a pu le voir la difficulté de presser Pedri, Olmo, Raphina. Ce type de match montre quel type d’équipe nous sommes. » Vitinha se balade entre les lignes et brise l’organisation barcelonaise via ses transversales bien senties, Ruiz est au diapason et nous gratifie de quelques très belles ouvertures. Notamment pour Kvaratskhelia, qu’il décale plus d’une fois en position dangereuse tout en nous démontrant son incroyable capacité à jouer juste sans jamais se presser. 

En face, on manque de répondant : seul Pedri semble avoir sorti son plus beau costume en ressortant le ballon comme un grand (seulement deux passes manquées) et en cherchant à jouer vers l’avant pour les artistes Raphinha et Yamal. Tout cela avec des gestes dont lui seul a le secret, comme sa fameuse « toupie » sur lui-même, qui fait perdre la tête aux milieux parisiens. Ses arabesques sont saluées par ses supporters qui n’hésitent pas à chanter et faire des olas pour leur numéro 8. En revanche, Marc Bernal semble absent et ne nous gratifie que de passes simples, inoffensives, alors que Dani Olmo se blesse dès la demi-heure, malgré l’initiative d’une frappe dangereuse (14ᵉ). Cette première mi-temps accouche déjà d’un constat criant : Pedri est un chef d’orchestre bien seul que ses musiciens peinent à suivre.

Deuxième acte : second souffle ?

Alors que les locaux semblaient en pleine maîtrise lors de la première, la physionomie sera bousculée en seconde. Fermin, entré en jeu, profite enfin des espaces laissés par les parisiens et lance parfaitement Xavi Espart pour l’égalisation barcelonaise (55ᵉ), ce qui nous fait un peu oublier son face à face manqué en première période et sa tentative d’assassinat involontaire sur Willian Pacho (40ᵉ). Les entrées de Gavi et Rodri en lieu et place de Pedri et Bernal dans la foulée n’apportent en revanche pas les effets escomptés. Nombre de passes latérales sans véritablement peser sur le jeu, tandis que Gavi ne touche que dix-sept ballons en 33 minutes. On a vu mieux comme électrochoc. Paris dans tout ça ? On prend les mêmes et on recommence, enfin presque.  Davantage bousculé par les Catalans, Vitinha perd en influence mais sort de sa boîte au bon moment pour délivrer le Parc sur une frappe superbe (81ᵉ). Fabian Ruiz est également moins tranchant mais fait respirer les Parisiens lors des phases de possession avant de lui aussi participer à la fête en fin de rencontre (86ᵉ). 

Vous devez vous demander ce qu’il en est de João Neves. S’il n’a pas encore été mentionné jusqu’ici, c’est en grande partie la faute de sa première période discrète, bien que cela ne l’empêche pas de distiller une passe décisive sur la belle ouverture du score de Doué (38ᵉ). C’est dans le deuxième acte que son impact change le visage de la rencontre. Le mode bulldog ranimé, il gratte les ballons et poursuit inlassablement les porteurs barcelonais alors que l’ensemble des joueurs semblent rendre l’âme. Un surplus d’énergie caractéristique qui lui permet de boucler la rencontre avec de belles statistiques défensives : 2 interceptions, 75% de tacles réussis et surtout 8 récupérations. Cette débauche d’effort dans une période-clé du match a été plus que saluée par le Parc, hurlant sa reconnaissance envers son joyau portugais après un énième retour défensif. Ce sens du sacrifice est probablement le genre d’ingrédient qui offre une grande victoire à la maison face à un adversaire de renom

Bien sûr, le résultat de la rencontre doit son côté spectaculaire à de nombreux facteurs. Les étincelles de Doué et Yamal, les quatre joueurs blessés sur le champ de bataille ou la performance plus que méritoire de Joan Garcia pour limiter la casse dans les buts. Pourtant, il y’a des raisons de penser que l’entrejeu y a joué un rôle majeur. Ce n’est pas pour rien que Luis Enrique, pourtant habitué du fait, n’a fait sortir aucun de ses piliers dans ce secteur du jeu, alors que Flick a procédé (plus ou moins volontairement) à une rotation intégrale. Des artistes qui se sont échangés de belles compositions sous un rythme effréné, preuve pour dire que c’est à la fin de cet intense bal qu’il faut applaudir les musiciens.


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