Fabio Paratici, l’homme qui voit la vie en violet
Nommé en février dernier pour reconstruire la Fiorentina, Fabio Paratici incarne les nouvelles ambitions de la Viola. L’ancien directeur sportif de la Juventus et de Tottenham a affiché des ambitions claires durant ce mercato estival. Entre la nomination d’un nouvel entraîneur et un marché des transferts particulièrement offensif, ce centenaire pourrait être historique en Toscane.
Le centième anniversaire de la Fiorentina aurait pu connaître un meilleur départ. Une peur quotidienne de voir le club tomber en Serie B, quarante millions dépensés sur des joueurs dont la Via del Corso ne risque pas de se souvenir (Simon Sohm et Roberto Piccoli), la Curva Fiesole, tribune des amoureux de la Viola, prend du retard dans sa construction… Mais surtout, le 16 janvier, on apprendra le décès de Rocco Commisso, propriétaire du groupe télévisuel à la tête du club depuis 2019. Dans toute cette confusione, un homme débarque au cœur de la Toscane, bien décidé à marquer le coup. Fort de deux expériences au plus haut niveau européen, Fabio Paratici revient en Italie avec un bagage considérable.
D’abord à la Juventus entre 2010 et 2021, participant à la construction d’une équipe dominante en Serie A avant d’être rattrapé par l’affaire Plusvalenze. Un scandale lié à la surévaluation présumée de joueurs lors de transferts afin d’améliorer les comptes du club, qui lui a valu une suspension de trente mois pour des malversations financières présumées. Il tente de se racheter une réputation à Tottenham, où son passage s’est révélé plus contrasté, mais lui a permis de se confronter aux exigences du championnat le plus compétitif au monde. Désormais de retour en Italie, l’homme à la modeste carrière de joueur entend mettre cette expérience au service d’un nouveau projet : celui de la Fiorentina.
Du mouvement dès le début de l’été
Et il n’a pas perdu de temps pour se mettre en évidence. Dès la fin d’un exercice 2025-2026 décevant de la Viola avec une 15ᵉ place et une élimination en quarts de finale de Conference League pour sauver les meubles, sa première décision sera de licencier Paolo Vanoli. Une décision brusque, alors que ce dernier était parvenu à maintenir la Fio en Serie A après le passage catastrophique de Stefano Pioli. Il n’aura pas été chercher loin le nouveau successeur, piquant Fabio Grosso à Sassuolo. Le technicien au passage mythique à l’Olympique lyonnais s’est imposé comme un choix évident pour Paratici. Après avoir fait remonter les Neroverdi dans l’élite, puis assuré un maintien confortable la saison dernière (11ᵉ place), le champion du monde 2006 a séduit le par sa capacité à construire une équipe compétitive tout en valorisant les jeunes profils.
“Nous devons créer quelque chose d’attrayant et de stimulant, comme l’est Florence”
Fabio Paratici, amoureux de Florence comme Barzotti.
Le choix de Grosso n’est donc pas anodin. Il s’inscrit pleinement dans le nouveau virage pris par les dirigeants de la Fiorentina comme l’a expliqué Paratici lors de sa présentation : « Je rêve la Viola de demain comme une équipe attrayante, belle à regarder, inspirante pour les supporters, agressive et internationale ». Le visage affiché par le Sassuolo de Grosso, basé sur un football vertical, intense et tourné vers le développement des talents (Muharemovic, Ismaël Koné, Volpato) correspond aux ambitions du dirigeant italien.
Déjà plus de 115 millions de dépensés
Cependant, Fabio Grosso dispose d’une enveloppe budgétaire bien plus importante qu’à Sassuolo. Sans parler du cadre de vie, comparé à la petite ville d’Emilie-Romagne un peu détestée depuis la montée en puissance du club de Berardi. Florence, son histoire, son public, son attractivité ainsi que la beauté de sa ville offrent des arguments que peu de clubs italiens peuvent revendiquer. Comme l’a souligné Paratici : « La ville est réputée pour sa beauté dans le monde entier et l’équipe se doit de la représenter » avant de poursuivre : « je suis très motivé pour mettre en pratique le football que nous avons en tête. Nous devons créer quelque chose d’attrayant et de stimulant, comme l’est Florence ».

On a de grandes ATTAntes autour d’Arthur.
Les premiers mouvements du mercato traduisent déjà cette orientation onéreuse. En un peu plus d’un mois et demi, la Fiorentina a investi plus de 115 millions d’euros sur des profils à fort potentiel. L’ancien messin Arthur Atta, recruté à l’Udinese pour 25 briques, après une saison remarquée en Serie A. Le club florentin a également investi 26 millions sur le milieu ivoirien Christ Inao Oulaï (2006), révélé cet été à la Coupe du monde. Sans parler du chèque de quinze millions sur le jeune défenseur brésilien Viery (2005) en provenance de Grêmio. Giovanni Fabbian (2003) et Marco Brescianini (2000) ont été définitivement recrutés, leurs options d’achat levées pour treize et dix millions. Mais également le jeune défenseur espagnol du centre de formation du Real Madrid, Valdepeñas (2006) contre huit millions d’euros. Au moment où l’on écrit ces lignes, la dernière pièce du puzzle demeure Mateo Pellegrino, robuste avant-centre arrivé de Parme pour la modique somme de 22,5 millions.
À ces arrivées s’ajoutent plusieurs prêts avec les mêmes profils. Dont ceux en provenance du championnat anglais. Álex Jiménez (2005) (vite exfiltré de Bournemouth pour quelques messages à une mineure) et Radu Drăgușin (2002) feront partie du voyage. Sans oublier le latéral Turinois João Mário (24 ans) et surtout Franco Mastantuono, tout juste majeur et déjà une saison galère du côté du Real.
Une restructuration plus globale
Outre le mercato, Fabio Paratici veut également réorganiser la direction comme il a expliqué lors de sa présentation : « Il y a beaucoup de travail à faire, dans tous les secteurs du club, pas seulement au niveau de l’équipe ». Force est de constater que dès son arrivée, le dirigeant italien a entrepris la restructuration de la cellule de recrutement du club toscan. La nomination de Lorenzo Giani au poste de responsable du recrutement n’est pas le fruit du hasard.
Originaire de Florence, il connaît parfaitement l’environnement du club et a déjà accompagné Paratici dans ses précédentes aventures, à la Juventus puis à Tottenham. Une relation de confiance que l’ancien directeur sportif a lui-même mise en avant. « L’unique personne qui est venue avec moi à Tottenham et à la Fiorentina est Lorenzo Giani. Quand je suis arrivé à la Juventus, il était déjà là, je l’ai emmené avec moi », expliquait Paratici.
Après avoir évité de peu une relégation en Serie B, la Fiorentina n’a pas seulement réagi : elle a investi massivement pour tourner définitivement la page. Derrière les montants, Paratici cherche à construire un projet réfléchi, basé sur la jeunesse. Arrivé pour redonner une direction au club florentin, l’ancien dirigeant de la Juventus et de Tottenham veut prouver que sa méthode peut permettre à la Fiorentina de retrouver durablement les ambitions européennes. Une ambition de taille, puisque l’on a tendance à être déçu quand la Viola s’emballe.

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