Personne ne voulait y croire mais c’est bien arrivé. Contre le Club Brugge, l’Olympique de Marseille s’est incliné sans conditions (3-0) et a laissé Benfica ravir sa 24ᵉ place. Une triste fin européenne qui, si l’on est défaitiste, pourrait bien aussi lancer la fin de l’ère de Zerbi.
Lorsque l’on fait le bilan match par match, il y a de quoi compatir envers l’Olympique de Marseille. Il y avait ce match très encourageant au Bernabéu où tu te fais surpasser par deux penaltys de Kylian Mbappé. Ce match contre le Sporting où l’arbitre Rade Obrenovic a encore pris un malin plaisir à trucider un club français en Coupe d’Europe. Sans oublier ce match contre l’Atalanta, quand une main d’Ederson dans sa propre surface se transforme en punition de Lazar Samardžić. Mais en une semaine, les Phocéens ont perdu tout le crédit qu’ils pouvaient avoir. On peut passer outre un non-match contre une grosse cylindrée comme Liverpool, même si voir des Milos Kerkez et Jeremie Frimpong surnager en dépit de leurs premiers mois difficiles laisse pantois. Qu’importe, Roberto de Zerbi redynamise son équipe suite aux arrivées d’Ethan Nwaneri et Quinten Timber. Le technicien italien profite de leur baptême du feu en lançant un 3-4-3 losange. Un système très demandeur physiquement, mais qui a étouffé les Sang et Or (3-1) tout en prenant la supériorité numérique dans l’entrejeu.
Lorsque cet Olympique de Marseille se pointe sur la pelouse du Jan-Breydel, il n’y a donc pas de quoi se ronger les ongles. Le Club Brugge, malgré leur vivier de talents fourni et leur grosse performance contre Monaco pour ouvrir la compétition, reste un adversaire à leur portée. Puis les statistiques sont du côté de l’OM : 95% de chances de se qualifier ! Arthur Vermeeren, refoulé pour quelques contre-performances, ne tapera pas la balle avec ses compatriotes. Igor Paixão, réalisant son meilleur match le week-end dernier, le rejoint sur le banc. Des choix individuels regrettables mais personne ne voit encore le coup de poignard surgir.
Combines et gruge contre Bruges et Trubin
Pourtant le coup de tonnerre frappera au bout de trois minutes, lorsque Mamadou Diakhon profitera d’une main molle de Gerónimo Rulli. Rebelote dès la 10ᵉ lorsque les Brugeois presseront très haut et combineront parfaitement pour qu’Aleksandar Stankovic serve Romeo Vermant, oublié par Balerdi dans la surface. Une entame de match désastreuse, qui conditionnera tout le reste de la partie. Le public belge est debout, de grands gaillards comme Hans Vanaken effectuent des retours défensifs de leader, sans réponse en face. Marseille ne proposera que des cadres dépassés (Balerdi, Greenwood, Kondogbia) sans la moindre correction. Comme si ce Brugge paraissait intouchable alors que la différence sur ce match s’est jouée à deux choses. La faculté de noyer le milieu de terrain phocéen (Vanaken étant plus bas pour trouver les ailes et avoir un coup d’avance sur le double pivot adverse) et l’envie mise sur le terrain. Pas un Marseillais ne pourra se vanter d’avoir eu la dalle d’un Joaquin Seys ou de Raphaël Onyedika. En dehors d’un Aleksandar Stanković stellaire dans l’entrejeu, ces Belges n’étaient pas censés être plusieurs crans au-dessus techniquement.
Pourtant, ce fut le cas. Au point de commencer les calculs d’apothicaire pour espérer une 24ᵉ place. Prier pour une victoire du Sporting à Bilbao, que le PSV craque contre le Bayern ou que Pafos ne plante pas un cinquième but contre le Slavia Prague. Sur le terrain, Bruges a même lâché du lest sans pour autant créer une vraie occasion côté marseillais. Une passe à dix inoffensive est même le credo des dernières minutes de la rencontre. Mais à force de jouer avec le feu… C’est Anatoliy Trubin, portier du Benfica, qui va arracher une qualification face au Real Madrid (4-2), au goal-average, obtenant la 24ᵉ et dernière place qualificative semblant promise à l’OM. Une nouvelle damnation provenant de Lisbonne, 35 ans après la main de Vata. José Mourinho, très critiqué depuis son retour au Portugal, a peut-être réalisé le dernier coup de sa carrière, son équipe se qualifiant sans avoir engrangé le moindre point lors des quatre premières journées. Le tout en étant submergé par l’enjeu, comme l’a raconté le Special One. « Au moment où je fais le dernier changement, je pensais qu’une victoire 3-2 nous permettait de nous qualifier. Mais on me dit qu’on a besoin d’un dernier but… Il y a un coup de pied arrêté, et le seul joueur faisant deux mètres est allé dans la surface et a marqué un but historique. » La différence entre une équipe qui en voulait et une autre qui s’en est remise au hasard.
C’EST DU JAMAIS VU : LE GARDIEN DE BENFICA MARQUE À LA DERNIÈRE SECONDE ET ÉLIMINE L’OM DE LA LIGUE DES CHAMPIONS 😱😱😱😱#UCL pic.twitter.com/1sgEfXnzNv
— CANAL+ Foot (@CanalplusFoot) January 28, 2026
À jamais éliminés
« Il n’y a rien à défendre, on n’a pas la régularité. En treize ans, je n’ai jamais vécu une soirée comme ça. Il y a toujours un peu de honte quand on perd comme ça. On ne peut pas accepter ce qu’on a montré aujourd’hui », se confondait en excuses Roberto de Zerbi. Des regrets qui ne serviront pas de réparation compte tenu du préjudice. Certains matchs peuvent être prometteurs par moments, à quoi servent-ils si son équipe s’écroule dans les moments charnières ? Le déroulé d’une saison dans son ensemble est-il vraiment important lorsque tu ne sais ni contrôler, ni subir lors de ces matchs cruciaux ? Au-delà d’une faillite tactique, on a vu l’Olympique de Marseille très en-dessous physiquement, bousculé par le pressing et le cardio de certains brugeois. Mais aussi une faillite mentale, incapable de remise en question ou de sursaut d’orgueil. Il y a eu une certaine cabale médiatique ces derniers jours autour de l’homme au gel fixation béton pouvant tomber sous le coup du harcèlement. Cependant, quand un technicien n’arrive pas à cadrer son groupe pour un match si important, cela donne du grain à moudre à Christophe Dugarry.

Et non. (Crédit photo : Canal+)
Alors que l’on a vu tout le monde rentrer au vestiaire la tête basse, rappelons que la saison est loin d’être finie. Il y a encore ce huitième de finale mardi prochain, de Coupe de France néanmoins, contre le Stade Rennais. Cette fois-ci, il n’y aura ni numéro de com’, ni de camouflet sur la base de bribes de football. Ce 28 janvier 2026 pourrait bien marquer une cassure entre le club et le trio tenant le club d’une main de fer. Un trio De Zerbi – Longoria – Benatia marqué par la froideur de leur business et de leur style de jeu, peut-être trop éloigné de l’identité des Bouches-du-Rhône. Une manière de faire qui récolte des résultats loin d’être infâmants, essayant d’impliquer les fans à chaque coup dur mais qui n’offre pas le même feu sacré qu’a pu transmettre le club à l’étoile par le passé. Peut-être qu’à compter de ce soir, ce seront les supporters eux-mêmes qui vont commencer à se mettre au vert.
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