Gonçalo Ramos : Départ d’un supersub et superbuteur

Published by Louis Angot on

Après trois ans de bons et loyaux services au Paris-Saint-Germain, Gonçalo Ramos quitte la capitale pour rejoindre l’AC Milan. L’attaquant portugais aura marqué la ville lumière de son empreinte et nul doute qu’il y laissera une trace indélébile. « O pistolero » s’en va sur un dernier coup de canon, qui a contribué au second sacre du PSG en Ligue des Champions, de quoi partir en apothéose au sommet de l’Europe.

Gonçalo Ramos débarque au PSG la même année que Luis Enrique, en 2023. Il sort d’une saison pleine au Portugal avec le Benfica, auteur de dix-neuf buts en trente matchs, dont sept en Ligue des Champions. Le club français débourse alors la somme de 65 millions d’euros afin de s’attacher les services de celui qu’on surnomme « O Pistolero ». Il arrive clairement dans l’optique de jouer les premiers rôles au sein de cet effectif parisien, mais tout ne se passera pas comme prévu. Très vite, les observateurs comprennent qu’il ne correspond pas tout à fait au système mis en place par Luis Enrique. Le tacticien espagnol privilégie un 9 à l’aise techniquement, actif dans le jeu et capable de décrocher pour orienter le jeu sur les ailes.

C’est là que ça se complique pour le buteur portugais. Il se trouve plus à l’aise en tant que point d’appui, il connaît par cœur la surface de réparation mais malheureusement peine à s’aventurer en dehors de celle-ci, et ça… C’est pas vraiment dans les plans du professeur Enrique. Gonçalo Ramos devra se cantonner à un rôle de super-sub au sein de cette formation et il le remplira à merveille. Le natif d’Olhão, tout au Sud du Portugal, servira comme un second couteau de luxe. Le premier choix en sortie de banc pour Luis Enrique.

L’aveu d’une injustice

C’est un rôle de l’ombre que lui impose Enrique, mais à chaque fois qu’il rentre, Gonçalo prend la lumière. Et quand on brille à plusieurs reprises, ça finit forcément par se remarquer. D’ailleurs, Luis Enrique sait à quel point la situation peut être frustrante pour un buteur. C’est un poste qui fonctionne beaucoup sur les stats et le rendement sur le terrain. Et ça, on ne peut pas l’enlever à Ramos : avec des miettes, il te fait une baguette, et quand on est performant devant, souvent on est titulaire, sauf dans le cas très particulier de Gonçalo Ramos. D’ailleurs, le tacticien espagnol s’est exprimé cette saison à ce sujet en conférence de presse : « Il veut jouer plus de minutes, je sais qu’il mérite plus de minutes, mais il montre clairement ce qu’un joueur du PSG doit faire et je dois dire que je suis très content d’avoir un joueur comme Gonçalo Ramos. Son nombre de buts est incroyable chaque saison », déclarait-il le 11 janvier dernier.

Il joue seulement 5 minutes, et il marque des buts. Il lutte tout le temps, c’est incroyable. C’est injuste ce que je fais avec lui, mais il montre toujours que je me rate.

Luis Enrique, à nos actes manqués.

Luis Enrique aime son joueur, le trouve performant, mais là est le paradoxe : il ne lui donne que des bouts de match. Ce contexte pourrait en agacer plus d’un, mais le Portugais reste calme : il prend ce qu’on lui donne et rentre sur le terrain comme un mort de faim à chaque fois que le coach lui fait appel. Quelque chose qui plaît à Luis Enrique, et qu’il n’a pas hésité à souligner en avril dernier, après le match contre Toulouse, au micro de Ligue 1+ : « J’aimerais souligner Gonçalo Ramos, il joue seulement 5 minutes, et il marque des buts. Il lutte tout le temps, c’est incroyable. C’est injuste ce que je fais avec lui, mais il montre toujours que je me rate. ».

De son côté, Ramos reste discret sur sa situation et se comporte comme un joueur exemplaire, au service du collectif, acceptant son rôle de remplaçant de luxe. Il a d’ailleurs évoqué le sujet au micro du podcast lusophone Cala-te-Boca da megahits : « Je joue à un poste où tout repose sur les buts, mais mon travail consiste à me concentrer sur ce que je peux contrôler. Je ne contrôle pas si je joue plus ou moins, et ça ne vaut pas la peine de gaspiller mon énergie et de m’énerver pour ça, ce sont des décisions qu’il faut respecter. Tout se passe bien pour moi et je ne veux pas laisser le reste m’affecter, car cela ne fait que nuire. » Définitivement le joueur idéal à avoir dans son collectif, performant à chaque entrée sur le terrain, et propre à chaque sortie dans les médias.

Quand le Pistolero sort son revolver

Malgré le peu de titularisations, Luis Enrique fait confiance à son attaquant dans des moments importants, conscient qu’il a la capacité de débloquer un match avec son instinct de buteur. Et mine de rien, Gonçalo Ramos compte pas mal de moments marquants avec cette équipe du PSG. Un soir de janvier 2025, contre Manchester City au Parc des Princes, l’attaquant portugais a délivré tout un stade au terme d’une rencontre renversante. Un match dont les supporters du PSG se souviendront encore pour longtemps, et qui lance peut-être le chemin vers la première étoile. Obligé de sauver ses fesses dans le top 24, on entrevoit une remontée folle clôturée par un but de Ramos, qui foncera vers les supporters en faisant sa célébration iconique,. Ce but était significatif tant par la folie de cette soirée que par le futur de cette campagne européenne qui marquera à tout jamais l’histoire du Paris-Saint-Germain.

À la suite de cette folle saison, les Parisiens ont la chance de disputer un match pour remporter un trophée qu’ils n’avaient jamais eu l’occasion de gagner auparavant, la Supercoupe d’Europe. Opposé à Tottenham, vainqueur de la Ligue Europa, les joueurs du PSG débutent encore très mal leur rencontre face au club anglais. Pour mieux rebondir. Au bout du temps additionnel, « O Pistolero » puise dans ses dernières ressources pour faire trembler les filets et offrir une séance de tirs aux buts conclue par notre star du jour. Enfin, plus récemment, lors du Trophée des Champions, face au rival, l’Olympique de Marseille, il récidive. Bien servi par Barcola, il place une tête qui finit au fond des filets à la 95 minute pour emmener les siens dans une énième séance de penalty. D’ailleurs, le Lusitanien montre encore le chemin à suivre en transformant le premier tir au but pour son équipe.

Telle est la magie de Gonçalo Ramos. Un temps de jeu très restreint, mais une empreinte indélébile laissée au club, notamment grâce à ses buts dans les moments importants. Jusqu’au bout, il a mouillé le maillot et donné le meilleur de lui-même pour permettre au PSG d’agrandir son armoire à trophées. Au terme de 131 matchs, 27 buts, 12 trophées, dont deux Ligues des Champions, il sort par la grande porte.


« O Pistolero » s’envole pour l’AC Milan contre une somme de 70 millions d’euros, ce qui fait de lui le deuxième joueur le mieux vendu par le PSG après le Ney’ et ses 90 millions. Comme pour dire qu’il s’agissait vraiment d’un remplaçant à part. Son nom restera écrit en Rouge sur Bleu dans le club de la capitale, lui qui a marqué les supporters, tant par ses performances sur le terrain que par son attitude irréprochable. Il laissera d’ailleurs un très beau message à destination des Parisiens sur son compte Instagram. Cela témoigne encore une fois du plaisir qu’il a pris à jouer pour ce club et à porter ses couleurs, malgré les minutes passées assis sur le banc. Gageons qu’il ne risque plus d’y retourner, vu l’investissement du géant de la Lombardie.


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