Football ou politique ? Certains ne veulent pas tout mettre dans le même panier, lorsque d’autres s’engagent pour leur ville. Conseillers, adjoints ou parfois maires, ces anciens footballeurs ont incarné ou incarnent l’avenir de leurs communes pour les six prochaines années. En plein période d’élections, retour sur ces 11 acteurs – hors taxes – élus par les urnes durant une élection municipale. 

Gardien de but : quand les suffrages Cool à flots 

Le totémique gardien de but de l’AJ Auxerre Fabien Cool (467 apparitions) s’est investi en politique au début des années 2000 pour « combattre l’extrême droite », comme il le racontait pour So Foot. Il rejoint d’abord l’Union pour la Démocratie Française (l’ancêtre du Modem, NDLR), avant d’intégrer le Nouveau Centre pour la deuxième circonscription de l’Yonne en 2007. L’année suivante, il est élu conseiller municipal d’opposition de la ville d’Auxerre peu avoir arrêté sa carrière de joueur. Lassé par la politique, il se reconvertit comme entraîneur au niveau amateur, réussit trois montées consécutives et une épopée en Coupe de France avec le FC Paron. Pur produit de la formation auxerroise, il est désormais coordinateur de la section amateurs de l’AJA, tout en étant président du comité de tennis de la région. Retour aux sources pour la figure de 53 ans.

Défenseur central droit : Un grenat aux manettes 

Encore une icône. Enfant de la Moselle, Sylvain Kastendeuch se révèle logiquement au FC Metz dans les années 80, où il remporte deux Coupe de France dans l’arrière-garde de l’équipe. D’abord sur le flanc droit de la défense, il s’installe en tant que libéro pour le clair de sa carrière. Après quelques sélections en Equipe de France et plus de 500 matchs à Metz, le taulier laisse Robert Pirès et ses compères pour s’engager en politique en 2001. Juste après ce fameux dernier match de sa carrière, où il quitte Saint-Symphorien sur civière après avoir reçu un ballon de Jérôme Bonnissel en pleine tronche. Adjoint du défunt maire Jean-Marie Rausch (DVD) de 2001 à 2008, il occupait en parallèle la fonction de co-président de l’UNFP en 2006, poste auquel son hégémonie prendra fin en 2022. Pas dégoûté d’avoir quitté ce milieu, il tentera la présidence de la Ligue Grand-Est en 2024, sans succès. Une âme de leader jusqu’au bout.

Libéro : le pote au carré 

Libéro rugueux des grandes années de Saint-Étienne, Christian Lopez s’engage chez lui, au Cannet (Alpes-Maritimes). Fort d’une riche carrière chez les Verts, il était titulaire lors des fameux “poteaux carrés” en 1976, date de la fameuse finale de Ligue des champions contre le Bayern Munich. A la fin de sa carrière, celui qu’on appelait “Jeannot” s’essaye au coaching et fait briller la JS Cugnaux dans la banlieue toulousaine. Avant de revenir dans sa ville de toujours pour s’engager en politique. Présent dans la liste de Michèle Tabarot (LR) qui s’est imposée au premier tour dimanche dernier, le roi du tacle occupe le poste d’adjoint au maire aux sports. Fonction dont il jouissait déjà lors de la dernière investiture de la nouvelle maire, qui s’est achevée en 2017.

Défenseur central gauche : nissart d’adoption devenu bras droit d’Estrosi

Né et ayant grandi en Alsace d’ascendance andalouse, l’ancien parisien José Cobos rejoint Nice en 1999 pour ne plus quitter la Promenade des Anglais. D’abord adjoint de l’équipe première du Gym puis recruteur, l’ancien arrière gauche de 57 ans reste attaché à la Côte d’Azur. Après une incartade monégasque et quelques expériences en Afrique de l’Ouest, il s’engage en politique. En 2014, il figure sur la liste vainqueur de Christian Estrosi (ex-UMP et LR, bientôt LFI ?) en tant qu’adjoint au maire délégué aux événements sportifs. Rien de très surprenant alors. Mais jusqu’au boutiste, le vainqueur de la Coupe des Coupes avec Paname se présente également aux côtés de la députée Marine Brenier (ex-LR) en tant que suppléant pour les législatives de 2017 dans les Alpes-Maritimes, avec succès.

Piston droit : l’hégémonie Marc Boutruche en banlieue lorientaise

Morbihannais pur jus, Marc Boutruche (DVD) règne en maître sur Quéven depuis douze ans déjà. D’abord conseiller municipal à la ville de Lorient dès sa fin de carrière en 2008 jusqu’à 2014, le soldat de Christian Gourcuff franchit un cap. Un déménagement quelques kilomètres au Nord, puis une acclimatation rapide. Élu maire il y a douze ans, le futur cinquantenaire a été reconduit dès les premier tour de ces municipales par les habitants de cette petite commune. Incontesté, son score de 75,17% dès le premier tour témoigne d’une satisfaction populaire à l’égard de l’ancien merlu, présent au moins jusqu’en 2032. 

 

Piston gauche : meilleur que Dimarco

Avignonnais de naissance mais minot dans le cœur, Eric Di Méco a également tenté de porter le costume. D’abord conseiller municipal du titan Jean-Claude Gaudin (LR) depuis 1995, il s’investit pleinement en devenant, comme les autres, maire adjoint aux sports de sa ville d’adoption. Après ce mandat, il tente aussi les législatives aux côtés de Nora Preziosi (ex-UMP) en 2007 dans les Bouches-du-Rhône, sans succès. Rien à signaler depuis vingt ans. S’ensuit la carrière de consultant que nous connaissons tous sur RMC, avec quelques taquets en souvenir de l’ancien temps. 

Milieu central droit : une dévotion qui ne date pas Diers

Joueur iconique de l’Angers SCO pendant huit ans, le Cambrésien de naissance Charles Diers s’est installé en Anjou pour son après-carrière. Impliqué dans l’associatif et l’éducation, en voici un autre qui devient maire adjoint aux sports de Christophe Béchu (Horizons) en 2020. Marqueur de la remontée du club scoiste dans l’élite, l’ancien milieu de 44 ans reste attaché à la ville et souhaite s’engager dans le sport pour les Angevins. Pas très intéressé par ce monde, il se retire du poste en 2024 pour s’investir dans le comité d’organisation des Jeux Olympiques de Paris. Aujourd’hui, il reste encore dans le sport et occupe le poste de Stadium Manager au… FC Nantes. Trahison. 

Milieu défensif : au nom du père et du fils

Lancé en professionnel aux Chamois Niortais par son père Pascal, Johan Gastien pose ses valises à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) en 2018. Encore très présent pour éviter une relégation en National au CF63, il vient tout juste d’être élu au premier tour dans la liste de Sébastien Besnard (sans étiquette) pour la commune de Sayat, en banlieue auvergnate. Avec le sport comme motivation, il n’aspire pas à une carrière politique comme il le confie à Ouest-France. La sentinelle de 38 ans a rejoint la liste du maire par amitié, résidant depuis deux ans désormais dans cette commune. Il rentre cependant dans le cercle fermé des joueurs en activité qui sont également élus municipaux. Lionel Mpasi et Clément Depres n’auront pas eu cet honneur !

Milieu central gauche : padel le vendredi, Ligue 1 le samedi, isoloir le dimanche

Natif de Lesquin (Nord), Pierrick Capelle est le deuxième du coin à s’engager en Anjou. Tout comme Charles Diers, lui aussi a posé ses valises à Angers il y a onze ans de ça, et compte bien rester après sa carrière qui semble s’arrêter cet été. Engagé depuis 2020, il est devenu le premier footballeur professionnel en activité à devenir élu municipal. Dans la commune de Saint-Jean-de-Linières (Maine-et-Loire), le recordman d’apparitions dans l’élite avec le SCO vient d’être réélu dès le premier tour avec la seule liste de Franck Poquin (sans étiquette). Entre deux échanges, celui qui s’essaye au padel à ses heures perdues compte bien s’ancrer ici pour l’après-foot. 

Où est Pierrick ? (Crédit photo : Commune de Saint-Léger de Linières – Facebook)

Attaquant de soutien : Ludo in July

De par sa carrière et ses accomplissements, le grand Ludovic Giuly a pignon sur rue en France, mais surtout à Lyon. Un parcours de rockstar, un retour au niveau amateur, tout pour être apprécié du grand public. Présent dans la liste gagnante du vicomte Max Vincent (Horizons) qui brigue aujourd’hui son neuvième mandat à Limonest (Rhône), l’ancien international s’est investi en 2014. Il faisait partie du conseil municipal de cette localité de la métropole lyonnaise, le tout en parallèle de son activité de joueur à Chasselay, en CFA à l’époque. Depuis, le lutin magique a retrouvé goût pour le ballon rond, que ce soit pour aiguiller les jeunes monégasques ou lyonnais mais encore au micro de différentes chaînes de télévision.

Attaquant de pointe : encore un angevin ?

En plus d’être une ville prisée par les étudiants, Angers pousse-t-il à devenir citoyen ? Steve Savidan, illustre personnage de notre championnat de France, peut ranger la politique dans son arsenal. Et cela, au milieu d’une vie de consultant, entraîneur, gérant d’un bar dansant ou même éboueur quand il n’avait pas encore percé. Lui aussi colistier pour Christophe Béchu en 2014 à la mairie d’Angers, l’ancien joueur fit partie de la liste élue, bien qu’il n’ait pas tant fait parler de lui. En clair, ça l’intéressait davantage de servir des Jägerbomb dans une chapelle désacralisée.

Entraîneur : un inconditionnel

Ladislas Lozano, la belle histoire, Calais 2000 tout ça tout ça. Adjoint aux travaux pour la mairie de Calais (Pas-de-Calais) aux côtés de Natacha Bouchart (DVD), il s’est engagé en politique en 2020. L’emblème de la ville grâce à l’épopée jusqu’en finale de Coupe de France se remue pour celle qui lui a tout donné. Une histoire déjà narrée sur notre site, à retrouver sans modération. 

Mentions spéciales à Johan Micoud (Bordeaux 2026), Mamadou Niang (Marseille 2020) ou encore Vikash Dhorasoo (Paris XVIII 2020) qui ont eux aussi figuré sur une liste, sans pour autant parvenir à être élus.


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